du 12 au 18 mai : de la Croatie à l’Italie

Du mercredi 12 au mardi 18 mai : de Split en Croatie, à Trieste en Italie, en passant par la Slovénie. Arrivée en Italie, 24ème pays que nous visitons depuis le départ et le dernier avant le retour en France.

Au total, nous avons fait maintenant 10 300 km à vélo depuis le départ.

Cartes, photos et journal de voyage de la semaine :

12 mai 2021

Mercredi 12 mai : au revoir Ben et Stephi ! On quitte nos deux super hôtes et on part en direction de Split : seulement 40 km, on arrive donc en début d’après-midi et on visite la ville jusqu’au soir. Une très belle ville, avec un petit centre aux rues étroites très charmantes… On dort dans un jardin urbain, prêté pour la nuit par son propriétaire, Rade Zupanovic, reporter pour la première chaîne nationale croate ! On n’en saura pas plus sur lui, il a juste le temps de nous filer les clés.

Le soir, Elio, tout en se promenant en ville, parle une nouvelle fois au téléphone du documentaire et des enjeux de la fin du tour d’Europe avec JP, notre réalisateur 😉

Au revoir Ben et Stephi !
Split
Split, une ville romaine, médiévale, renaissance, baroque…
Split
Split
Split
Split, les souterrains du Palais de Dioclétien, plusieurs scènes de Game of Thrones y ont été tournées.
Split
Split
Split
Split
Split
Split
Split
Split
Design à Split
Split : pour téléphoner à JP, une fontaine baroque, ça s’impose !
13 mai 2021

Jeudi 13 mai : et maintenant cap sur Zadar ! Une journée sympa, sans plus. Un beau soleil encore, et on en profite pour faire une photo en version “héros du vélo” pour Lauriane Clément, la journaliste de Phosphore, pour un dossier conséquent… à retrouver mi-juillet !

Le soir on dort à mi-chemin entre Split et Zadar, près d’un parc aquatique, fermé en cette saison. Gros orage la nuit ! Le premier d’une petite série.

Primošten
On attend le sculpteur et la commande de la ville de Villefranche, pour une sculpture près du lycée…
14 mai 2021

Vendredi 14 mai : arrivée à Zadar en fin de journée, après une journée encore plus “hilly” (comprendre qu’il y a des montées et des descentes qui se succèdent…) que les précédentes ! Et on passe les 10 000 km depuis notre départ !

On visite un peu la ville, jolie mais dont le centre historique est encore plus petit. Chose surprenante : des orgues de mer ! C’est marrant !

On dort chez Nino le soir, un mec de 80 ans qui nous accueille… 5 minutes ! Il nous présente la maison et après il rentre dans sa chambre : on l’a pas vu jusqu’au lendemain !😄  On fête les 10 000 km avec une bonne plâtrée de pâtes ! Et un orage énorme, dont des éclairs qui ont frappé, j’en suis sûr, dans la ville.

La porte de Zadar
Zadar
Zadar
Coucher de soleil sur les quais de Zadar
On fait bonne figure pour fêter les 10 000 km, mais c’est bof !
15 mai 2021

Samedi 15 mai : Matin, visite de Zadar. L’après-midi, on débarque pour envahir l’île de Pag ! On est déçu, y’a un pont, on avait tout prévu comme des pirates… 😭 

L’île est jolie, tout en roche sur les collines et tout en vert sur la plaine. Par contre ça monte ! On avait prévu de passer d’île en île en bateau, mais on est stoppé dans notre élan : le ferry ne prend pas les vélos 😬

En route vers les îles
Regardez bien, on voit Justin sur le pont
Sans nous…
…et avec nous !
Encore un coucher de soleil sur la mer, mais on ne s’en lasse pas.
16 mai 2021

Dimanche 16 mai : bon, ben, un peu dépité, retour sur la terre ferme – en ferry avec vélos tout de même ! Encore chanceux, on évite la pluie pendant la journée et on rencontre même deux français, Valentin et Quentin, en route vers le Cap Nord ! Un objectif de 13000 km en… 3 mois et demi ! Non, non ce n’est pas une faute de frappe ! On leur souhaite bonne chance 😂😂… et on préfère notre rythme, quand même sportif au total et surtout qui nous laisse le temps de visiter les lieux où on s’arrête, de rencontrer des gens, de découvrir des projets écologiques – même si c’est bien difficile en ces temps de COVID.

Le soir, on refait du porte-à-porte, par nécessité.

Sur la route, rencontre avec Valentin et Quentin

Pour le lendemain et le surlendemain, le planning est chargé et on s’est séparés, on va donc raconter les 2 versions.

Elio, lundi 17 et mardi 18 mai :

Elio, 17 mai 2021

Lundi 17 mai : « Je me lève à 6h, départ 6h10, sous une pluie torrentielle, qui ne durera qu’une ou deux heures dans la journée heureusement. J’arrive à Rijeka vers 11h30, 60 km plus loin, où je fais un test antigène. J’y retrouve Justin, qui n’a pas pu faire un test plus tôt ! Je mange avec lui, puis le laisse repartir. Quelques problèmes avec mon test, je retourne donc à l’hôpital et me pose jusqu’à 14h30 environ sur la plage, au soleil. Ensuite je repars pour 90 km : passage de la frontière de la Slovénie, avec un col à presque 700m, passage de la frontière italienne 3h plus tard en direction de Trieste. Le garde-frontière, occupé sur un jeu vidéo, ne déplie même pas le résultat de mon test qu’il me rend aussitôt…

A 10 km de l’objectif, vers 20h30, cette grosse journée se transforme en mauvais rêve. Dans un virage, une voiture me coupe la route, et je fonce dans la forêt, côté vallée. Une chute qui me fait un peu mal à la clavicule, mais ça va. Problème, la chaîne s’est cassée et ma sacoche guidon s’est ouverte. Préoccupé par la deadline du couvre-feu à 22h, avant laquelle je dois faire 10 km en poussant le vélo, plus que par la chute, je réalise trois kilomètres plus tard que je n’ai pas vérifié tout le contenu de ma sacoche. Je m’arrête et, là, c’est la détresse : j’aurais pu perdre un stylo, un surligneur, un cahier, mon enceinte à la limite… Non, il a fallu que je fasse tomber mon porte-monnaie… 65€, ma carte d’identité, ma carte vitale, ma carte européenne d’assurance maladie, et plus grave encore : ma carte de fidélité au kebab de Villefranche ! Je pose mon vélo devant une pizzeria en leur expliquant la situation et en leur demandant gentiment de le garder, et je tape un sprint, après 140 km en vélo, sur 3 km, pour aller retrouver mon porte-monnaie. Je cherche pendant 30 mn, aucune trace, c’est la nuit, je ne suis même plus sûr de chercher à l’endroit de ma chute. Je ne le retrouverai pas… je dois rentrer, je n’ai plus que 15 mn pour faire… 7km à pied. Et là, mon téléphone, qui a un problème de charge depuis quelques jours et ne charge plus depuis le début de l’après-midi, s’éteint. Heureusement, je me souviens de tête de la localisation de l’appart de mon hôte et j’arrive à le retrouver au bout de quelques dizaines de minutes avec pour seules information le numéro 36 d’une rue en tête et mon sens de l’orientation : j’attends les jets de fleurs !

Le soir, malgré le chouette accueil de mon hôte et de ses 2 PERROQUETS (à retenir, important pour la suite) je ne parviens pas à trouver le sommeil, préoccupé par ce gros problème. Je m’endors enfin à 2h du matin »

Bon, on ne voit pas les gouttes qui rebondissent sur le vélo, mais elles sont bien là !
Un accueil de rêve !
Elio 18 mai 2021

Mardi 18 mai : « Je suis réveillé à 6h30 par les perroquets qui font un bruit d’enfer 😂,

(voir sur le blog la vidéo “bonus” sur le perroquet)

Je me lève et vais visiter la ville avec mon hôte. J’en profite pour passer dans pas moins de 20 boutiques pour trouver un nouveau bob pour mon rap.

Aaaaaaaaah !

En vrai j’avais pas la force de faire ça, du coup je retourne à l’appart pour dormir : dois-je vous repasser la vidéo des perroquets ? Impossible de dormir….

Je retourne donc dans la ville, à la recherche du projet écologique que nous espérions visiter, centré sur la construction d’habitations écologiques et de matériaux traditionnels innovants, mais qui ne m’a toujours pas répondu. On m’informe à la réception que les locaux ont changé d’occupants… je ne suis même pas sûr que le projet existe encore 😭😭

Je laisse la parole à Justin, le reste de ma journée est constitué à 90% de soupirs 😂 et à 10% de tentatives de meurtre sur les perroquets. »

Réconciliés ?
Trieste
La photo avec le rappeur français !

Justin, lundi 17 et mardi 18 mai :

Justin, 17 mai 2021

Lundi 17 mai : « Je me lève à 4h ce matin, je veux être a Rijeka au plus tôt afin d’être sûr de pouvoir faire mon test covid. Je pars aux alentours de 5h, il y a beaucoup de vent et de pluie, c’est assez difficile. J’ai 65 kilomètres à faire. J’arrive au final vers 9h à Rijeka et je cherche un laboratoire. J’en trouve un, mais ils ne font pas les tests antigéniques… Ils m’en indiquent un autre, mais, après 15 minutes d’attente on me dit que je ne peux pas avoir de rendez-vous avant demain. Je cherche donc un autre laboratoire sur internet. Je m’y rends et après un petit moment j’arrive à obtenir un rendez-vous pour 11h. J’explique à Elio où faire le test. Elio arrive à l’heure où je fais mon test, prend rdv pour 11h30. On mange ensemble, je dois attendre les résultats de mon test puis je pars. Il est environ 13h30 et j’ai encore 130km à faire.

Les premiers 10/20 km sont très durs car je passe de 0 à 700 mètres d’altitude… Ensuite une fois arrivé sur le plateau je roule bien. A la frontière, ils me demandent un test PCR (et non antigénique) et je leur dis que je veux passer en transit (moins de 12h). Je passe donc tranquillou et je continue ma route.

Le reste de la journée se passe bien, il fait super beau et j’arrive vers 21h30/22h après avoir fait 200km depuis ce matin. Mes hôtes habitent 20km au-delà de Ljubljana. J’ai eu leur contact via les 2 cyclistes rencontrés quelque jours plus tôt. Je suis super bien accueilli, c’est un couple de 40 ans avec 2 enfants. La maman (Tanja) m’a préparé un bon repas 😋.. On parle beaucoup, ils sont passionnés de sport, Tanja a été pendant plusieurs année guide en haute montagne. Elle fait de l’escalade, du vélo, de la marche, du ski… Le papa est encore plus sportif haha et c’est un passionné de vélo. Je vais finalement me coucher vers minuit dans le petit “appartement” qu’ils me passent.

En route vers Rijeka
Découverte de la campagne Slovène, du Sud au Nord vers Ljubljana
Justin, 18 mai 2021

Mardi 18 mai : Réveil vers 8h, je prends un déjeuner royal haha, avec Tanja, et on parle de nos voyages, de politique, de la mentalité des gens… Elle me prépare des barres de céréales pour la journée et un mélange énergisant dans mon bidon. Elle me montre un peu autour de chez eux, ils vivent en campagne, c’est super beau, avec les montagnes autour.

Vers 10h direction Ljubljana après quelques « au revoir ». J’arrive vers 11h, je visite tranquillement, c’est vraiment sympathique, pas très grand et très vert. Je m’installe vers 12h30 dans le parc Tivoli pour casser la croûte et deux gars vienne me voir en voyant mon gros vélo. On parle pendant 1h, ils sont hyper intéressants et ont eux aussi voyagé à vélo. L’un des deux me montre tout ses voyages en vélo, il a fait plus de 100 000 km en tout.

Je pars vers 13h30/14h de Ljubljana : direction le château de Predjama, que les deux gars m’ont indiqué. Je roule tranquillou dans ces paysages montagneux et j’arrive vers 18h au château. Il est vraiment très intriguant, planté contre la montagne presqu’à l’intérieur d’une grosse cavité rocheuse, avec d’autres grottes en-dessous. Je fais une petite pose et je parle avec les gens du coin. 

Ensuite je repars, direction notre hôte à Trieste. Je prends le trajet le plus court selon Maps et je fonce, j’essaie d’éviter les gros nuages sombres qui menacent de lâcher sur moi toute leur colère. Au bout de 1h ou 2, Maps me fait prendre l’autoroute sur 3km, j’hésite un peu, puis bon je me dis que j’ai qu’à tenter. Par précaution je roule sur le bord, sur l’herbe, mais après quelques minutes un homme s’arrête et me dit que je suis fou de faire ça, on parle un peu, puis il m’explique par où je peux passer. Très peu de temps après, une voiture de police arrive et s’arrête à mes côtés. Je leur explique le problème, ils comprennent, me demandent mes papiers puis me disent de faire demi-tour, de sortir par l’embranchement par lequel je suis rentré et qu’ils me rejoignent là-bas pour me rendre ma carte d’identité. Je suis donc ces ordres, mais je suis censé être sorti du pays depuis hier et comme ils ont mon identité (qui a été enregistrée au poste frontière), j’ai un gros coup de stress qui vient. Comme en plus je suis illégalement sur une autoroute, j’ai peur de me faire embarquer ou quelque chose du genre. Lorsque j’arrive à l’endroit indiqué, ils ne sont pas là, je les attends pendant 10 mn. Quand ils arrivent celui qui a ma carte d’identité est au téléphone. Je stress vraiment beaucoup, l’autre flic me demande de souffler dans un alcootest et ils font un test pour la drogue. Mais finalement le policier m’explique juste qu’ils vont devoir me mettre une amende car rouler sur l’autoroute est illégal et dangereux. J’accepte sans broncher bien évidemment, puis je reprends mes papiers et ma route direction Trieste.

D’après Maps, je vais arriver maintenant à 22h30, or il y a un couvre-feu à 22h en Italie. Je croise les doigts pour ne pas croiser de flics à la frontière et après la frontière. Lorsque j’arrive à la dernière ville avant la frontière, je regarde le plus petit chemin pour passer en Italie et je l’emprunte. Il fait nuit noire mais pour éviter de me faire repérer, je retire mon gilet orange et j’éteins les lampes. Je roule donc comme ça dans le noir sur un petit chemin de terre et de pierres pendant plusieurs minutes, puis quand j’arrive près de la frontière je pousse mon vélo pour me faire encore plus discret. Mais au final il n’y a rien, juste le chemin qui continue, comme je l’espérais. Pas de contrôle non plus à la sortie du chemin. Soulagé, je rejoins une route et me dirige vers notre hôte.

Avant d’arriver, à la fin d’une descente super grande, mon pneu arrière éclate en faisant un gros bruit et je tombe. Rien de grave pour moi, mais relou pour la roue arrière. Je pense que c’est dû à la chaleur du frottement des patins sur la jante.

Enfin voilà, je finis cette journée de plus de 100km (300km en deux jours), vers 22h40, soulagé et fatigué. Je fais connaissance avec les perroquets, je mange avec Elio, puis dodo.

Chez mes hôtes à Sinkov Turn
Avec Tanja
Sur la route vers Ljubljana
Ljubljana
Ljubljana
Ljubljana
Ljubljana
Ljubljana
Ljubljana
Ljubljana
Ljubljana
Ljubljana
Les joueurs de flûte
Ljubljana
Grad Predjama
L’entrée du château
Météo
Trieste !

2 commentaires

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  • Les photos sont extraordinaires et votre récit à couper le souffle ! Mais alors ton portefeuille Elio ?

    • Merci, c’est vrai qu’on a vécu des jours forts en Croatie puis pour cette arrivée mouvementée (séparément) en Italie ! Quant au portefeuille… pas retrouvé malheureusement.